JEAN-LOUIS FARGETTE / LE MYSTERIEUX
Naissance : le 20 mai 1948 à Toulon (83)
Mort : le 17 mars 1993 à Vallecrosia (Italie) par 5 balles de 357 magnum.
Signes particuliers : Mystérieux, craint, violent, puissant.
Nom d'usage : « JLF », « LE BOSS », « LE GRAND », « SAVONETTE »
Rencontres incontournables : Louis REGNIER dit « LOULOU » parrain toulonnais des années 60 et Maurice ARRECKX Maire de Toulon, pdt conseil général et Sénateur.
Le mystère réside dans sa facilité a toujours esquiver les problèmes, s'entourer d'hommes politiques, de personnes influente, se sortir des histoires les plus accablantes. En somme l'ascension mystérieuse d'être devenu l'homme le plus puissant du Var !
Son père était militaire. Muté en 1959 à Nouméa, JLF rejoint ses parents accompagné de ses 8 frères et s½urs. Dans la même année, son père meurt dans les eaux. De retour en France, sa mère se remarie et s'installe à Toulon, quartier La Loubière surnommé « La Loub ». C'est un quartier populaire similaire à La Belle de Mai à Marseille ou Portes de Montreuil à Paris, tous reconnus comme des « fabriques » à Voyous. Antoine SPIRITO (parrain Marseillais des années 30) a finit ses jours là bas. Se sont-ils croisés ?
Jean Louis F. est un homme d'influence, charismatique et mystérieux. Dès son plus jeune age, son fort caractère le mène rapidement dans un centre de redressement. Il devient vite chef de bande et grandit dans la rue, sa seule école. Plus tard il fait ses classes dans le quartier « Chicago », célèbre pour ses bars à hôtesses, ses bagarres, ses trafics en tout genres. Il se forge un caractère et commence son ascension, notamment quand il rencontre le Parrain Toulonnais incontesté des années 60, Louis REGNIER dit « LOULOU ». Louis le prend sous son aile, et l'envoie aussitôt finir sa formation dans la meilleure université du crime, au bar « Les 3 Canards » à Paris. Entre règlements de comptes, lynchage dans la cave et trafic, il réussit le concours avec brio à l'instar de plusieurs sudistes comme Jacky IMBERT dit « Le Mat », Francis VANVERBERGHE dit « Le Belge » et Gaétan ZAMPA dit « Tani ».En 72 il fait son entrée dans le grand monde. Louis REGNIER le surnomme « Le Grand ». Il est inscrit au fichier du Grand Banditisme avec la mention : « Homme dangereux, prêt à tout pour s'imposer dans le milieu Toulonnais ».
Les affaires commencent. Il achète un premier bar « Le Tonneau », puis un second « Le Triumph ». Dans le même temps, son mentor Louis décide de prendre le large pour s'installer en Afrique y monter des bordels et laisse son empire à JLF. Le passage de relais entre les deux hommes se passent sans effusion de sang. La guerre de succession n'a pas eu lieu. Fasciné par le spectacle et le show-biz, Jean Louis organise des concerts et des soirées avec l'aide de Simon WINTROB, imprésario de Serge Lama entre autres. 1972 marque également la rencontre avec sa future femme, elle-même dans le monde du spectacle. Le mariage aura lieu à Londres peu de temps après.
La mort de Simon le rapproche d'un personnage qui bouleverse sa vie ainsi que son ascension. Maurice ARRECKX, Maire de Toulon (droite), est un homme généreux, profondément catholique, convaincu par ses idéaux, mais reste insaisissable par son double visage. Il s'encanaille facilement et sûrement. Tous deux forme un duo inséparable.
En 1977, JFL est incarcéré pour une banale histoire d'escroquerie de fourrure... Touché dans son égo de grand parrain, il réplique aussitôt : « Accusez-moi d'avoir tué 15 types à la mitraillette mais pas pour une arnaque aussi minable !! ». Arreckx témoigne en sa faveur en lui offrant un alibi béton, à savoir, qu'il affirme que JLF était dans son bureau pour préparer l'arrivée de Raymond Barre, le jour du larcin... Immédiatement libéré. Fin de l'histoire.
Dans son parcours FARGETTE n'a jamais touché à la prostitution et à la drogue, il s'est en revanche spécialisé dans le racket, l'extorsion de fond, l'immobilier et le commerce. Dans sa meilleure année, il a tellement de bars, de restaurants et de boite de nuit, qu'il crée une société de distribution de boisson « Les caves Varoises » et oblige tous le département à se s'approvisionner chez lui. Encore plus fort, il ouvre une société de gestion « Coditra » pour gérer ses affaires. Tout le monde exécute ; il fait peur, il est violent et bien entouré.
Ancien membre du SAC (Service d'Action Civique), il crée en 1980 un Comité d'Action pour soutenir son compère. Il organise d'incroyables assemblées et meeting, et reçoit en prime une lettre de félicitation de Valéry Giscard d'Estein. En 1982 « Momo » ou « Grand-pére », comme l'appelait Jean Louis gagne haut la main les élections municipale. JLF va décrocher et à titre légitime, sa place à la Mairie, mais il est brutalement arrêté par la BRB accompagné de Gérard DAMINO, célèbre braqueur en cavale. Accusé de recel de malfaiteurs, il comparait libre au tribunal. Quelques minutes avant le délibéré, une fuite lui annonce sa condamnation : 1 an ferme. Sur le champ il quitte le tribunal et se réfugie à Vallecrosia en Italie. Pour lui c'est un principe de ne pas purger cette peine.
Homme d'affaire invétéré, il monte sans attendre une ligne de vêtement « JLF », achète petit à petit restaurants, bars et immobilier. Ses relations deviennent aussi solide qu'en France. Malgré les nombreuses demandes d'extraditions de la France, JLF reste serein et confiant. Elles ont toutes étaient en échecs, curieusement. Même aujourd'hui, personne n'a de véritables explications concernant son nouvel entourage. Des rumeurs l'associe au milieu Italien, Russe, au monde du Vatican et à la Loge P2 (France-maçonnerie italienne de 1981). Fin 1992, début 1993, son ascension est à son paroxysme. Tandis que Arreckx devient Président du Conseil Général, ils montent le projet pharaonique de construire « La maison des technologies ». JLF convoque depuis ses nouvelles terres Arreckx et ses conseillers dans le souci du bon partage des gains du projet en question. C'est un homme incontournable.
Mais ce 17 mars 1993, il emprunte les marches du hall d'immeuble de son appartement, avec un ami, quand soudain deux hommes lui tirent 5 balles de 357 Magnum. Ils ne lui ont laissé aucune chance. On découvrira dans sa main une cassette audio en Italien dans laquelle sont récitées les règles des Triades (Mafia chinoise). De plus, il portait une mallette ce soir-là, mais aucune trace jusqu'à ce jour. Est-ce les tueurs ? Les carabiniers ? Un mystère de plus...
Sa disparition bouleverse le petit monde Toulonnais. Tant sur le plan mafieux que politique. Yann PIAT se fait descendre quelques mois plus tard, les lieutenants de JLF disparaissent les uns après les autres, Michel LUISI, POTTIER, Jacky CHAMPOURLIER, Paul GRIMALDI... Maurice Arreckx, lui tombe pour corruption active, abus de confiance et complicité. Il est incarcéré.
Et c'est dans cette sombre période que le FN s'empare de la ville de Toulon.